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GERRY ALANGUILAN INTERVIEW 3/3Avril 2008

Je serais toujours reconnaissant à Gerry Alanguilan de m'avoir laisser autant de liberté et de temps pour pouvoir partager sa passion et son art.

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Sébastien Lecocq (SL) : 21 - Et finalement comment choisissez-vous vos outils (ou votre méthode) de travail entre l'ordinateur et le papier "traditionnel" ?

Gerry Alanguilan (GA) : Les outils que j'utilise dépendent du projet sur lequel je suis en train de travailler. Pour Elmer, j'ai pris la décision consciemment de faire le dessin, ainsi que le lettrage directement sur le papier. Pour Humanis Rex et Timawa, je dessine sur le papier avant de mettre en couleurs et de lettrer sur l'ordinateur.

Avec Elmer, j'ai déjà une idée de la façon dont l'ensemble de l'histoire va aboutir. Je suis en train de travailler sur la quatrième et dernière épisode maintenant, et ma façon de faire est de finaliser dans mon esprit comment les différentes scènes vont s'emboiter.

J'écrirais ensuite les dialogues (et tous les autres textes qui apparaîtront dans le numéro) dans leur continuité. Je n'écris pas de description de mes pages/cases ou des séquences de pause. J'écris directement ce que je voudrais lire comme si je lisais le tout comme une bande dessinée finie. Et je le fais non-stop jusqu'à ce que j'ai réalisé l'intégralité de l'épisode. Je ne pense pas à corriger la grammaire ou l'orthographe. Je couche tout du début à la fin. De toute façon, je le fais sur l'ordinateur et donc j'aurais tout le temps pour les corrections plus tard.

Ensuite j'imprime le tout sur papier, me couche sur le lit et relis l'ensemble. Je retourne alors à mon ordinateur pour corriger les différents problèmes : Modifier en ajoutant des scènes, en en supprimant, en les développant ou en les raccourcissant, voir en les ordonnant différemment pour finalement obtenir le bon tempo. Le rythme est très important pour moi sur Elmer alors je repasse par ce processus plusieurs fois jusqu'à ce que tous les éléments soient comme je le veuille et ça se lise bien.

Je vais ensuite commencer à dessiner. Et même au stade du dessin, je continue r à éditer les dialogues, jusqu'à ce qu'ils sonnent "droits" dans ma tête. Et très rapidement (voir pas tant que ça...), j'en ai fini avec un numéro. Je fais la couverture et dépose le tout dans mon ordinateur. J'envois les fichiers à mon imprimeur, qui est un de mes amis et la semaine suivant, la bande dessinée est sortie. Je vais moi-même fournir celle-ci aux magasins de comics et faire ma propre promotion sur mon blog et d'autres sites...

SL : 22 - Cela implique-t'il de dire que nous ne vous verrons plus travailler pour Dc ou Marvel ?...

GA : Revenir travailler pour Marvel ou DC est certainement quelque chose que je voudrais certainement plus faire de nouveau, ou alors plus seulement en tant qu'encreur. Je préfère crayonné et encré mon propre travail. Cela rends 'objectif beaucoup plus difficile, mais pour être honnête, j'ai beaucoup d'oeufs dans mon panier dans le cas où ce plan ne marcherais pas. La seule raison pour laquelle je pourrais le refaire serait que je puisse travailler sur les personnages avec lesquels j'ai aimé grandir. C'est vrai que j'aimerais avoir la chance de dessiner Superman mais je ne serait pas trop déçu si ça ne se faisait pas...

SL : 23 - Cela me fait penser que nous n'avons même pas parler de vos rencontres avec Whilce Portacio, Leinil Yu ou Roy Allan Martinez et comment vous en êtes arriver à travailler pour Wildstorm puis Marvel ?

Gerry Alanguilan (GA) : Ma rencontre avec Whilce Portacio est une des histoires amusantes et colorée que je raconte ICI...

Il y a une période de 4 ans, entre ma rencontre avec Whilce et le moment où il m'a engagé. Entre-temps, j'ai trouvé du travail avec Entity Comics dont l'artiste star est Jae Lee. Jae est venu aux Philippines pour participer à un concours lors d'une convention pour laquelle j'étais l'un des juges. Leinil Yu en faisait aussi parti et j'ai été immédiatement impressionné par son travail.

Lorsque j'ai été embauché dans l'atelier de Whilce de nombreuses années plus tard avec Roy Allan Martinez, j'ai recommandé Leinil à Whilce. Au départ, Whilce n'aimait pas le travail de Leinil parce qu'il sentait que Leinil le copié un peu trop. Alors Leinil a développé son propre style et Whilce a été assez impressionné pour l'embaucher, faut dire que je l'y ai tellement poussé...

SL : 24 - Et que pouvez-vous nous dire de votre collaboration avec Whilce ou Leinil ?

GA : Travailler avec Whilce et Leinil est très différent. Les crayonnés détaillés de Whilce me permette encore de jouer avec, et me laissent l'occasion de m'impliqué plus comme un artiste. Leinil a des crayons plus fins et très spécifiques, alors j'essaie juste de l'encrer le plus fidèlement possible. Il a fallu un certain temps avant que j'ai une emprise sur la façon de traiter leurs crayonnés et qu'ils sentent assez en confiance avec mon travail pour me laisser le faire seul. Dans mes premiers projets avec Whilce il m'a très étroitement surveillé. Mais j'ai appris lentement à l'encrer de la façon dont il le voulait et Whilce m'a lentement permis de laisser une part de moi-même dans ces travaux. Avec Leinil, nous étions déjà amis avant de commencer à travailler ensemble. Je l'ai aidé à terminer une épisode de Wolverine que Edgar Tadeo avait commencé à encrer, et c'est ce qui a donné à Leinil et à moi l'idée que nous pourrions travailler ensemble.

SL : 25 - Vous savez que nous sommes un site sur "Superman" et que nous nous devions de parler de la série "Birthright/Droit du Sang" sur laquelle vous avez travaillé avec Mark Waid et Leinil Yu. Mais avant de rentrer dans les détails, pouvez-nous dire ce que vous pensez de Superman ?

GA : J'ai vu votre site. Vous devez vraiment aimé Superman, non ? Pour être honnête, j'aime Superman en tant que personnage, et j'aimerais avoir l'opportunité de travailler de nouveau sur Superman l'avenir. Travailler sur "Birthright" a été l'une des meilleures expériences que j'ai eu dans le comics.

Non vraiment, Superman est définitivement mon favori entre tous. Je n’ai pas seulement grandi en lisant ces aventures, mais aussi en regardant la vieille série TV avec George Reeves et les films avec Christopher Reeve. Il y a quelque chose en Superman que je trouve Inspirant.

Il est l'un des rares héros à faire la bonne chose même si cette chose est impopulaire ou que soit la chose la plus difficile à faire. C'est pourquoi il est un Héros. Faire la bonne chose tout le temps est la chose la plus difficile à faire, spécialement aujourd'hui. Mais il le fait, et il le fait toujours. C'est pour cette raison que c'est une source d'inspiration.

Cela a donc était un honneur incroyable de travailler sur une bande dessinée de Superman. J'ai toujours gardé à l'esprit que tout en travaillant dessus, je ne pouvais pas y croire. Quand j'ai finalement vu le premier numéro imprimer avec le titre Superman et Superman sur la couverture, avec mon nom dessus, le sentiment a été indescriptible.

SL : 26 -La couverture du numéro 4 en hommage au premier film avec une superbe image de Lois en Danger est sans doute ma préférée mais qu'elle est la votre ?

GA : Cette couverture est très bonne mais je lui préfère celle du numéro 9. Superman posant de manière iconique entouré de Kryptoniens... C'est sans aucun doute ma favorite, mais je pense que nous n'avons pas fait une seule couverture qui le représente de la meilleure des manière, en tout cas qui ne me satisfasse pleinement.

SL : 27 - Dans la série vous avez eu l'occasion de travailler sur toutes les époques de la vie de Clark Kent ou son héritage kryptonien. Est-ce que cela a été le plus grand challenge à relever ou justement la meilleure des motivations ?

GA : En tant qu'encreur, le plus grand défi pour moi, vraiment, est d'essayer d'aider Leinil à atteindre le potentiel maximum de ses crayonnés. Je n'avais pas de réelle contribution à la conception des personnages et de leur environnement. Mais cela restait intéressant parce que Leinil est un artiste si talentueux, que cela est étonnant de voir tout ce qu'il arrive à faire. J'ai vraiment aimé travailler que ce soit sur Metropolis ou Krypton car cela aidé à garder les choses moins monotone.

SL : 28 - Et que pensez-vous de la polémique autour de la saga et des problèmes liés à la continuité ?

GA : Je pense que la continuité est une chose importante dans la narration. Il est essentiel que les faits que vous avez mis en place plus tôt dans une histoire restent cohérents dans toute l'histoire, jusqu'à sa fin.

Mais pour une bande dessinée comme Superman, dont l'histoire ne se termine pas .... considérant que son histoire a commencé en 1938, et qu'elle continue d'être racontée, et il n'y a aucun signe qui puissent vous dire qu'elle se terminera un jour... il est difficile de garder tout type de continuité. Ce serait insensé. Donc la meilleure façon de le traiter est de faire un "reboot" du personnage de temps en temps pour le garder d'actualité, avec de nouvelles idées, concepts, tout en restant fidèle à l'esprit du personnage...

SL : 29 - Pour conclure, et vous, Si vous aviez un super-pouvoir ?

GA : J'aimerais pouvoir Voler.. :D

SL : 30 - Et votre dernier mot ?

GA : RIEN n'est Impossible ! :D

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